échos visuels / archives /


La team Doggybags (2016)



ici il y a normalement une photo

Le chef d’orchestre de Doggybags est Run, il va chercher, il sélectionne, il participe, il trouve la bonne collaboration, il apparie/matche les talents, il retravaille, il conseille, il annote… bref, il tente de faire de Doggy un véritable laboratoire où les nouveaux talents se trouvent et s’entremêlent aux anciens pour nous raconter des histoires graphiques. Et à chaque fois, il met en avant les auteurs de l’histoire et reste un peu plus en retrait.

A partir de là, je voulais répondre aux cinq questions suivantes : qui sont ces artistes ? quand sont-ils arrivés ? à combien d’histoires ont-ils participé ? quel talent ont-ils ? et avec qui ont-ils collaboré ? Pour y répondre, une visualisation type arc tree s’est avérée la plus pertinente. Elle me permet en effet de cumuler trois dimensions cruciales pour répondre à mes questions : la dimensions temporelle (ordre par histoire et volume), la dimension individuelle (taille et rôle) et la dimension relationnelle (arcs et épaisseur).

ici il y a normalement une photo

La visualisation me semble alors illustrer un certain nombre de caractéristiques de Doggy. Jusqu’à présent, il y a 12 volumes et 1 one-shot, soit 39 histoires… pour 38 artistes. Chaque nouveau volume accueille de nouveaux talents. Mais attention, il ne s’agit pas seulement de publier trois nouvelles histoires par volume : les nouvelles recrues se mêlent aux artistes précédents. Ainsi, il n’y a qu’un cas d’artiste solitaire tout au long de l’aventure : Atsushi Kaneko dans le dernier volume.

Certains ont réalisé leur histoire en solo, Singelin, Maudoux, Run et Neyef… mais ils ont également collaboré à de nombreuses autres. Et ce sont les seuls cas, toutes les autres histoires se sont faites de manière collaborative. Les collaborations entre auteurs s’avèrent fortement diversifiées, chaque nouvelle histoire amène une nouvelle collaboration (épaisseur des arcs noirs =1, exception faite de Run). Dit autrement, Doggy privilégie e les nouvelles expériences plutôt que les collaborations « routinières » (entre guillemets car aucunement péjoratif). Enfin, les auteurs qui n’ont fait que passer sont rares : cela concerne quatre duos d’auteurs.

Doggybags est un très bel exemple en termes de construction et de développement d’un réseau créatif dans sa double dimension socio-cognitive : basé sur les talents individuels (cognitive) et sur les relations collaboratives (sociale), le tout orchestré par Run pour que le 1+1 fasse plus que 2 ! Bref, si cet objet non identifié était sorti dix ans plus tôt, je l’aurai inséré dans ma thèse comme une belle illustration :)

Premières versions (2014-2015)

La première table de données pour cette visualisation date de septembre 2014 sur mon ordinateur. Autant dire que j'ai pris mon temps. La première version date de mars 2015.

photo carte 01

Je n'étais pas satisfait. La deuxième version date de septembre 2015.

photo carte 04

Je n'étais toujours pas satisfait.

Composition finale (2016)

J'ai tout repris quasiment un an plus tard. Un petit mot sur les choix de design de la visualisation. En vrac.

Deux couleurs pour les arcs : le gris pour Run et le noir pour les autres. Run est en gris tant son nom que ses relations, lesquelles sont passées derrière celles entre les autres membres de l’équipe… pour coller à son état d’esprit tout simplement. En plus, visuellement, cela ne pose aucun problème compte-tenu de sa forte présence : son ombre :) J’y ai ajouté / associé Yuck, je trouve d’une part qu’il n’est pas pertinent de l’oublier même si il n’a pas signé l’une des histoires et d’autre part qu’il ne peut aller nulle part ailleurs qu’avec Run. Trois couleurs pour les rôles joués dans l’absence de collaboration (solo) ou la collaboration (scénario et dessin). Elles ont été extraites de Mutafukaz. La taille laissée à chaque auteur est fonction du nombre d’histoires dans lesquelles il est intervenu. Chaque barre représente 100% de ses réalisations, la couleur différencie les rôles joués. La taille du texte reprend le nombre d’histoires, les noms à la verticale pour pouvoir les proposer à une taille raisonnable et les lire très simplement. L'ordre des auteurs est fonction de leur première apparition avec en bas le numéro concerné du Doggybags.

photo carte 01

La légende est un peu dispersée. Un petit rappel des couleurs avec le titre et la petite citation au-dessus. Guide de lecture facile ! En haut, j’ai simplement repris le bas des couvertures de Doggybags, cela collait bien avec ma liste des couleurs à expliquer : solo, scénario et dessin ; en noir le nombre d’histoires (arcs) ; en rouge la présence de femmes parmi les auteurs. Lorsque cela s’y prête bien, un petit rappel de la bande dessinée est plutôt sympathique. En haut et non ne bas sinon trop proche des couleurs de la visualisation et cela engendre une gêne visuelle, on ne sait plus trop où regarder.

photo carte 01

Tout autour les questions éditoriales aux endroits où l’on trouve la réponse. Je trouvais cela plus cool que de proposer une véritable légende ou « how to read it ? ». Ici cela me semble bien s’y prêter mais c’est loin d’être toujours le cas. C’est une sorte de mélange entre légende et annotation au final. Et ça donne l’idée d’un petit parcours, ça peut intriguer sans que cela ne soit trop présent par rapport au coeur de la visualisation. Et puis c’est la faute à Run… j’ai du tourner mon Mutafukaz :)

photo carte 01

Ajout d’un petit pictogramme pour les femmes, la police de caractères Nasty. Elles le valent bien :)

photo carte 01

Trois polices de caractères (jamais plus) : Amatica SC de Vernon Adams et Ben Nathan pour la visualisation elle-même ; Source Sans Pro de Paul D. Hunt pour la légende et les annotations ; Merriweather de Sorkin Type pour le titre.

photo carte 01

Les données ont été collectées manuellement. La visualisation a été réalisée uniquement avec R. Dernière version : novembre 2016.

ici il y a normalement une photo

Note (2020)

Quatre ans plus tard, je la trouve toujours réussie :) J'aurai pu la mettre à jour lorsque Doggybags s'est arrêtée ! J'aurai pu la mettre à jour lorsque le film Mutafukaz est sorti ! J'aurai pu la mettre à jour lorsque Doggybags a été relancée ! J'aurai aussi pu la mettre à jour lorsque le Label 619 est devenu indépendant de Ankama côté édition. Samedi 10 octobre de cette année, j'ai rédigé la note suivante.

Les éditions Ankama fêtent leurs 15 ans et rééditent certains classiques pour l'occasion. Je pense notamment au premier numéro de Doggybags avec une nouvelle couverture signée Run. En même temps, je pense à la visualisation La team Doggybags (2016) réalisée sur les scénaristes, dessinateurs et coloristes de toutes les bandes dessinées parues dans Doggybags... je me dis que j'aurai pu prendre un peu de temps pour la mettre à jour et pour la glisser dans les tuyaux des réseaux sociaux en le criant haut et fort ! Il faut que j'apprenne à le faire.

J'ai eu tant d'occasion et je n'ai jamais pris le temps. C'est une de mes résolutions pour l'année 20201. J'y reviendrai, c'est sûr... bientôt bientôt !





Retourner à :

— Mon carnet html de notes du moment.
— Mes datavisualisations archivées (2011-2020).






Carnet codé par moi-même. // Aucune donnée personnelle n'est collectée. // Police de caractère Cousine de Steve Matteson. // Site hébergé par Ionos. // Copyright 1995 - 2020 Christophe Cariou, Ile de Nantes.